La ville haut savoyarde était candidate pour accueillir les JO 2018 et a très justement perdu. Retour sur une défaite écrasante annoncée.
Après avoir été choisie pour représenter la France face aux dossiers de Nice, Grenoble et Pelvoux, Annecy se présentait à l'échelon international alors que son dossier technique n'était pas le meilleur sur l'Hexagone... Son lobbying national a fortement joué en sa faveur. Ca sera la seule fois où cet aspect hyper important aura été le point positif de cette candidature.
Proposant dans un premier temps, sous l'égide d'Edgar Grospiron et d'Aimé Jacquet, un dossier où toutes les épreuves étaient éclatées avec pas moins de 10 pôles différents, le dossier ne répondant presque en aucun point aux exigences du CIO. Killy et Drut se retiraient alors de la candidature française, eux les membres du CIO dont les voix sont écoutées et respectées. Sans tenir compte de leur avis malgré leurs expériences légitimes, la candidature française s'est déjà mis une grosse épine dans le pied. Le CIO adressait alors une note de 4.5 / 10 au dossier technique d'Annecy, pendant que les deux rivales obtenaient entre 8 et 9 ! Malgré les changements réalisés à l'hiver, avec notamment un regroupement des activités en deux pôles, de nouvelles têtes d'affiche comme Jean-Pierre Vidal et Charles Beigbeider, Annecy avait pris énormément de retard. Aussi bien sur la technicité de la candidature mais aussi dans la promotion à l'international.
Disposant d'un budget de 18 millions d'euros au mois de décembre 2010, Grospiron réclamait une rallonge légitime (Munich : 50 millions, Pyeongchang : 100 millions) mais un refus en bonne et due forme lui fut adressé. Beigbeider désigné, sa mission était de trouver des partenaires, ce qui a été fait, pour obtenir un budget de 30 millions d'euros. Seulement, le lobbying était inexistant. Invisibles lors de toutes les compétitions internationales jusqu'au mois de février, les représentants d'Annecy ont tenté de rattraper leur retard. Alors que Guy Drut avait émis la bonne idée de structurer un bureau international pour Annecy afin de coordonner les actions, Beigbeider a refusé, expliquant qu'il était improvisé...
Alors oui, la candidature française s'est bien relevée au cours des six derniers mois. Oui, l'aspect technique a été amélioré. Oui, un travail énorme a été fourni pour rendre un dossier qui tenait un minimum la route, avec certaines recommandations du CIO suivies. Cependant, la distance entre les deux pôles choisis était encore trop longue, le nombre de lits de grande classe était toujours très insuffisant, avec une possible rallonge de 100 lits, selon les dires des directeurs de campagne ! Une preuve encore d'amateurisme, malgré tout. De plus, le coût des infrastructures à construire était le plus important des trois villes, ce qui rendait le projet de plus en plus impopulaire.
Choisir l'environnement comme cheval de bataille est certes moralement très respectable, néanmoinsl, ce point n'est pas la priorité absolue du CIO. Le business importe plus les membres du CIO. Encore une fois, Annecy s'est trompée de cible. Que l'on intègre cet aspect dans son projet est incontournable, mais c'est comme si un coureur du Tour de France souhaitait remporter la Grande Boucle alors qu'il avait du mal à passer une côte de troisième catégorie. Impossible. Impensable. Alors Annecy déclarait y croire plus que tout, c'est bien normal et un tout autre discours aurait été incompréhensible. Cependant, certaines phrases des directeurs nous prouvait tout leur pessimisme : "Quoiqu'il arrive", "Peu importe le résultat", ces bouts de phrase en disent long sur l'état d'esprit du dossier...
Alors oui, une candidature aux JO est toujours bénéficiaire, surtout avec le faible budget alloué à Annecy. Les retomlbées médiatiques sont très importantes. Seulement là, la défaite est à la fois cruelle et honteuse avec seulement 7 voix pour la France sur 95 votants, 63 membres du CIO ayant choisi dès le premier tour la ville sud coréenne. Bien sûr Pyeongchang s'est présentée pour la troisième fois, a retenu les leçons de ses échecs passés en 2010 face à Vancouver et en 2014 face à Sochi. Bien sûr, la Corée du Sud a investi énormément dans cette candidature, avec un budget équilibré : autant en marketing qu'en technique, ce qu'Annecy n'avait pas réussi à faire. Le lobbying exercé par les hommes et femmes de Pyeongchang a très bien fonctionné. Oui, c'était au tour de l'Asie d'accueillir les JO d'hiver après l'Amérique en 2010 et l'Europe en 2014. Mais la candidature sud-coréenne avait le meilleur dossier et la meilleure filmographique. On y reconnaît un professionnalisme complètement absent du film français.
L'Europe a donc perdu, avec Munich qui n'a obtenu que 25 voix, mais c'est surtout l'image d'Annecy et donc de la France qui est écornée avec des résultats à la fois probants et catastrophiques. Le miracle ne pouvait tout simplement pas avoir lieu. Après Lille 2004, Paris 2008 et 2012, la France vient de perdre sa quatrième candidature de suite. Alors la France doit VRAIMENT retenir toutes les leçons de tous les échecs. On murmure une candidature de la capitale pour les Jeux de 2024, 100 ans après l'avoir accueilli pour la dernière fois. Alors comme l'a dit Chantal Jouanno, faut en tirer les leçons. Néanmoins, ce n'est pas en ayant l'Etat comme principal partenaire que la France peut gagner. La Corée du Sud a gagné avec Samsung. Pour gagner, le lobbying doit être fait. Les ambassadeurs français partout dans le monde devront être consultés et serviront de relais, au lieu d'être laissés de côté... Le lobbying international commence par là. Vienne, haut lieu des relations internationales, doit être réinvesti en nombre ! Bref, un immense travail devra être réalisé pour ne pas s'engager dans une lutte qui nous fait perdre de l'argent et aussi notre crédibilité à l'international.






















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